Adam Naas

Dès son premier EP en 2016, Adam Naas imposait sa voix de soul man à la beauté ravageuse. Depuis, le jeune Français – à peine 26 ans – a confirmé sur scène la puissance de son chant, capable d’embraser les sens en faisant frémir jusqu’aux peaux les plus dures. Adam Naas a surtout creusé en studio le sillon de sa pop soul intimiste et terriblement sensuelle, aussi mélancolique que lumineuse. Le résultat, The Love Album, est un pur shot d’amour. “Espérons que des spermatozoïdes et des ovules se rencontrent à son écoute” s’amuse le musicien. Ce 7ème ciel, The Love Album l’atteint sans difficultés, à coups de balades langoureuses et de lignes de chant caressant l’épiderme.

Mais ce premier opus n’est pas qu’un album pour faire l’amour – même s’il y parvient parfaitement (qui résistera aux rythmes érotiques d’I Want To Get You Close To Me ou aux provocations charnelles de The Love ?). L’amour s’y dévoile sous toutes ses formes : appel à l’acceptation de soi (l’uptempo Cherry Lipstick), jubilation d’avoir trouvé l’âme soeur (When You’re Holding Me), jusqu’à l’amour-haine qui pousse à souhaiter la mort d’un être proche (Eternity). “L’amour et la haine sont deux sentiments qui se complètent et s’attisent… Cela peut être destructeur, émotionnellement comme physiquement”, commente le Français qui n’hésite pas à s’attaquer frontalement à la tragédie des violences conjugales sur He’s Gonna Kill Me. Le musicien assume sa sensibilité à fleur de peau. Il y puise la force pour composer musiques et paroles qui subliment histoires personnelles en sentiments universels. Ses défauts, Adam Naas en fait des armes, refusant les productions lisses. “Je voulais qu’on entende ma voix, sans retouche” explique-t-il notamment. En deux ans, sa palette vocale s’est complexifiée (en témoigne le fascinant falsetto de The Love) et a gagné en maîtrise et puissance. Sa voix s’est faite véritable instrument aux possibilités folles. La rencontre avec le britannique Dan Black n’y est pas étrangère. “Dan m’a poussé dans mes retranchements. Je n’ai pas eu peur de multiplier les expérimentations et d’affirmer mes choix, vocalement et musicalement.” L’exleader de The Servant, aujourd’hui installé à Paris, finira par produire l’ensemble de l’album.

“Je n’ai pas une, mais mille personnalités, continue Adam Naas. L’album devait s’en faire l’écho. Je n’ai pas hésité à ce que chaque chanson développe son propre style. ” Dans cet océan musical bercé par une nostalgie amoureuse et un romantisme noir, s’entremêlent aussi bien les eaux d’une soul légendaire (Etta James et Al Green) que celles d’une électro et d’un rock indé plus contemporains. C’est qu’un milliard d’artistes semblent constituer le joyeux creuset des références d’Adam Naas : Nina Simone qu’écoutait sa mère, Lauryn Hill qui lui offre ses premiers émois musicaux avec Sister Act II, les Destiny’s Child bien sûr mais aussi l’électro de James Blake ou the XX. Le jour où il écoute l’hymne déchirant en faveur des droits civiques de Sam Cooke, A change is gonna come sorti en 1964, c’est la claque. “Je me suis dit que si je devais faire de la musique, ce serait avec la même intensité et la même honnêteté.” Promesses tenues.